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vendredi 22 juin 2018

Trois voyages, trois expériences...

Bruges,William Kentridge
Smoke, Ashes, Fable






Un texte écrit par un de nos étudiants après la visite de l'exposition de W.Kentridge :

Bien avant de souligner l’émoi que j’aurais pu ressentir face à un travail en particulier, j’ai besoin de revenir sur ce qui m’a touché dans l’ensemble des collections présentées et sélectionnées par William Kentdrigde. Plusieurs raisons participent au plaisir que j'ai eu de déambuler dans le Sint Janshospitaal. La première a été de découvrir que derrière ce nom se révèle un travail que je ne connaissais pas encore. Ensuite, en dehors de pénétrer dans le musée pour la première fois, la seconde raison fut d'apprécier être spectatrice d’une multitude de travaux très différents dans le procédé, mais qui apparaissaient au fur et à mesure de ma progression tenir de choix cohérents et intelligemment orchestrés. Le fil rouge, ces questions autour desquelles l’artiste travaille, apparaissaient ici se relier lorsque je visitais l’exposition. Animations, vidéos, dessins, mécaniques… tout semble faire partie d’une envie de révéler de ce qui tient d’un cycle. Le fusain, omniprésent, me paraissait également être maitrisé au-delà d’un simple outil préparatoire et j’ai senti un vrai plaisir, une belle sensation à regarder parfois les oeuvres de l’artiste. Puis, pour finir, j’ai pris conscience que derrière ces travaux, il existe le passage d’une vie scindée par un conflit qui ne s’est terminé qu’à la veille d’un millénaire. Seulement, si cela me touche c’est également pour d’autres raisons qui font que je suis attirée par les sujets tenant des guerres qui déchirent l’humanité. Et quand William Kentdridge traite de l’histoire de Rome dans Triumph and Laments, il se retire et se place en observateur. Il n’appartient pas à cette histoire, et propose une série d’illustrations revenant sur les événements marquants de la ville et c’est la seule fois ou j’ai senti avoir une prise sur le sujet.

C’est pourquoi parmi les onze images de la série Triumph And Laments présentées lors de l’exposition, j’ai choisi The Death Of Aldo Moro réalisée en 2015. Cette série ne parle pas de l’Afrique du Sud, mais bien de l’Histoire de l’Italie dont une sélection non exhaustive nous est présentée pour cette exposition. Il m’a semblé que The Death Of Aldo Moro, est l’une des rares oeuvres de la série à ne pas être tautologique. Ce corps retrouvé dans la Renault 4 rouge, célèbre récit d’un déchirement politique en Italie dans les années 1970, est aussi pour moi un rappel immédiat d’une émission de radio écoutée seulement quelques jours auparavant. Mes idées étaient donc fraîches. J’avais besoin d’en voir ou d’en savoir plus. Et la réponse en image à la mort d’Aldo Moro réalisée par l’artiste m’a parue parfaite. Mais, cet épisode en lui-même me fascine, car le découpage des événements suivant la cinquantaine de jours de captivité du Premier Ministre italien est haletant. Sa mort, elle, est percutante, tragique. Et la découverte de son corps est pathétique. Travaillée sur ces étranges feuillets (dont je n’ai pas trouvé l’origine dans l’exposition) la voiture est parfaitement centrée sur le support papier. Ainsi mobilisés, les coups et traces de fusain révèlent une 4L aux traits précis. Le coffre relevé m’a paru délicat. En réalité la voiturette est tellement présente qu’il m’a fallut du temps pour déceler la petite masse créée par effacement de matière : Aldo Moro mort. Néanmoins, parler d’un émoi pour cette pièce ne serait pas totalement exact. D’autres travaux m’ont touchés bien plus en profondeur, mais le choix de parler de celle-ci est plus fort. Parce que comme énoncé plus haut, l’histoire derrière le sujet me fascine. De même que la mort de Pier Paolo Pasolini surgit dans les mêmes années est un dessin bien plus imposant, et il aurait pu me provoquer davantage de questions. Cependant, je reviens à ce que j’ai souligné un peu plus tôt : l’image de The Death of Aldo Moro n’est pas qu’une simple réponse à son titre. L’artiste semble l’avoir traitée de façon éloignée, presque clinique. C’est en réalité ce dessin qui révèle aussi le processus dans le choix des sujets de l’histoire de Rome. Un sujet, un fait, une histoire. Il prend ce qui nous mène au plus près de l’événement, l’extrait d’une ère particulière pour mobiliser le pan historique qui se cache derrière le dessin. Et ils semblent être tous tragiques, comme si ce pays ne s’était construit que sur les assassinats ou des trahisons. En même temps, il répond au principe même de mythologie. J’ai envie de dire que la présence du corps dans le coffre n’est presque pas nécessaire. Lorsque je compare les photographies des journaux de cette macabre découverte, je retrouve exactement la même construction de la vue de cette voiture, avec une nette différence cependant : la foule est absente. Je ne sais pas si William Kentdrigde l’a voulu ainsi, mais lorsque j’étais devant ce travail j’avais l’impression que ce que je regardais n’est pas le moment de la découverte, c’est celui juste avant. Ce moment de l’abandon du corps et de toute la série des événements haletants qui a conduit Aldo Moro à être tué de dix balles et déposé dans ce coffre. C’est ce moment invérifiable entre le dépôt et la découverte au monde. Et par ce dessin, je ressens un temps figé de cette narration longue de presque deux mois. Aldo Moro est seul et mort, logé dans son premier cercueil populaire, il n’est pas identifiable par ses caractéristiques physiques, mais par ce qui le contient : La 4L rouge. En somme, la mort d’Aldo Moro est, chez William Kentdrigde, une métonymie. La voiture ainsi présentée peut désormais remplacer la figure du premier ministre, elle est la figure et le récit. À sa seule vue, c’est l’histoire de la captivité d’Aldo Moro ainsi que les revendications des Brigades Rouges qui sont ici invoquées. Finalement, c’est peut-être l’oeuvre la plus littéraire mais la moins poétique que j’ai eu besoin de définir. 
                                                                                                                                                                                          Juliette Panier
Gand, Musée des Beaux-arts 
Un itinéraire du regard, 


dessin d' Alicia Leterme

dessin d'Alicia Leterme

dessin d'Eva Elsoght

dessin d'Eva Elsoght

Nous remercions Cathérine de Zegher pour le beau travail, une nouvelle découverte du Musée.



Paris,Drawing Now,mars 2018
la possibilité d'un portrait,

dessin d'Alicia Leterme
dessin d'Eva Elsoght

dessin d'Eva Elsoght 
dessin d'Alicia Leterme 

dessin d'Alicia Leterme

`
dessin d'Alicia Leterme

dessin d'Alicia Leterme










lundi 3 mai 2010

Récits de voyage à Paris

écrit par Camille Ukrainiec

"le salon du dessin"


Événementielle.

Quelque chose de très officiel.

Les représentants de galeries,

boivent le champagne

au milieu de leurs collections.

Un vigile à l'accueil

guette hardiment à la bonne

application de la bienséance.


L'entrée n'est pas une sortie

et la sortie n'est pas une entrée.


Un événement d'état.

Bavardages et ventes.

Beaucoup de choses, du bric-à-brac.

Au bout du moment,

tout se ressemble.

L'environnement ambiant

formalise.

De façon très "parisienne".


Les fameuses coupes des expos

parisiennes ne sont pas

qu'un mythe.


"lucian freud"


Le corps massif.

On ressent le poids.

La chair, les variations

de la peau.

Les veines, l'usure.

La finitude.

L'usure du corps.

Dans sa plus simple fonction

d'enveloppe.

Désagrégé.

Subissant le temps.

Et l'autoportrait.

Le visage flou, brouillé.

Comme un reflet.

Le portrait-illusion.

De ne pas savoir qui l'on est

vraiment.

Une vision de soi-même.


Une dualité,

entre le corps qui marque

et l'esprit qui échappe.

Un contraste, vertigineux,

entre ce que l'on est

et ce que l'on croit être.


"l'église"

Dans un quartier populaire,

Une église classique.

Immense et déserte.

Les voitures s'enchaînent.

Les trottoirs arpentés.

Les gens passent.

Un bâtiment mort,

abandonné,

au milieu du passage.

La rosace est condamnée.

Les vitraux ne laissent

plus passer la lumière.



"Le tag"

A même le sol,

sur le bitume;

Un tag.

Un trace de pied

extraterrestre.

C'est très fort.

L'étrangeté et l'incompréhension

du lieu même où nous vivons.

La folie urbaine.

Et un sentiment de désappropriation.


"Le dessin au mur"


Gigantesque.

Un homme couché,

dont la tête explose

de buildings.

Un témoignage?

Un maghrébin âgé

est assis en face.

Il contemple.

Et nous dit en riant:

"que le dessin est

bien à sa place ici."


lundi 9 novembre 2009

La suite

Trapani,
L'arrivée fut spectaculaire.

Un climat digne d'un roman d'été.

Puis la découverte de la ville,

qui semble impossible à vivre

autrement que pendant les vacances

Tout est lent et beau

On s'enfonce dans l'agglomération.

Quelques chose d'étrange.

Les architectures se chevauchent.

Un sentiment de dégoût,

comme si la saleté s'y était déposée.

Une sorte de débauche, un étouffement de la modernité,

qui laisse divaguer à de sordides pensées.

Même la mer s'efface

devant le désespoir.


Trapani

samedi 7 novembre 2009

Premières impressions du voyage en Sicile

Ecrit par Camille Ukrainiec

le voyage


Ancien et moderne, jeune et vieux,

tout se mélange.

Une atmosphère fantomatique.

Des ruelles désertes.

Nous sommes emportés nul part

et partout à la fois.

Un pot pourri de civilisations et d'histoires.

L'existence absente.


Pourtant les vieilles dalles chantent.

Les pas lourds résonnent.

On est isolé.

Ce village est trop grand

pou un seul corps.


En traversant le chemin,

on s'y perd.

Chaque chose est à sa place,

irrémédiablement marqué.

S'approprier l'entièreté du contenu

est suffoquant.

Mystérieux et chargé,

c'est comme une mort

que de vouloir tout y accepté.


Erice

Erice,

Tout est paisible.

Des ruelles désertes.

Puis des bâtiments nus disent

"chut".

Un secret qu'il faut garder.

Taire.

La peur a tout submergé.

Et la honte.

Tout est immobile, figé.

La vie en réserve.

Le silence écoute les passagers.

Les murmures ne sont pas saisis.

Les Madones en témoignent.



jeudi 3 septembre 2009

Nouveau voyage

Nous organisons un voyage à ERICE en Sicile de 20 au 27 octobre 2009.

Les professeurs Daniel Dutrieux,Thomas Boucart et Viviane Guelfi vont nous accompagner.

Cette année nous allons aborder le dessin au service de l’animation



Vue panoramique d'Erice


Erice est une ville située au Nord-Ouest de la Sicile dans la province de Trapani (12 kilomètres de Trapani), sur le Mont San Giuliano, à 756 mètres d'altitude.

L'histoire d'Erice remonte à la préhistoire. La ville est un ancien site néolithique important (un des principaux) avec les Elymes (peuple considéré par certains comme les seuls autochtones siciliens). On trouvera par exemple les vestiges de la muraille cyclopéenne (VIème siècle avant Jésus Christ). Selon la légende, la ville aurait eté crée par Erice, le fils de Vénus et de Bute, le roi des Elymes, il y a bien longtemps (la date exacte n’est cependant pas connue). Erice est aussi une grande base carthaginoise aux VIème et Vème siècles avant J.C. Elle joue un rôle fondamental dans les luttes contre les grecs puis les romains. Erice commence à se développer à partir de 831 et l’arrivée des arabes. Conquise par le Comte Roger, en 1167, la ville devient Normande et s'appelle « Monte San Guliano » jusqu’en 1934 (Roger aurait vu en songe pendant le siège de la forteresse). La ville d'Erice était le siège d’un culte voué à une déesse mère (créatrice de l’univers, promotrice de la vie) sous trois époques majeures :

  • à l’époque phénicienne,la déesse se nommait Astarté;
  • à l’époque grecque,Aphrodite;
  • à l’époque romaine,Vénus;

Le culte était rendu par des prostituées sacrées qui acomplissaient l'acte générateur de la vie avec des pèlerins de passage. A partir du Moyen-Âge la ville devient un centre médiéval: c'est une ancienne Acropole sur laquelle se trouvait le temple de Vénus Erycine. Au milieu du Moyen Age, elle atteint un plein essor avec l'influence Normande (château du XIIème et XIIIème siècles construit sur les ruines du temple de la Vénus Erycine )

Survol des activités de l'année scolaire 2008-2009

Octobre 2008



Volterra


En compagnie de Saskia Weyts responsable d’atelier, de Bernard Hubot, professeur de volume et espace, de Viviane Guelfi, professeur d’esthétique et d’histoire de l’art nous sommes partis en Toscane à Volterra


Le travail s’est effectué dans le paysage toscan ainsi que dans la ville étrusque et médiévale de Volterra. Nous avons logé à la villa Giardino, une ancienne demeure du XVII. Nous y avons mené une expérience créatrice, une vie en collectivité, un partage de savoirs et de saveurs.



Visite de l'Atelier de gravure de Volterra



Décembre 2008



Kiki Smith et autres artistes

Nous avons visité le Frac Picardie à Amiens, un lieu qui a dirigé son action artistique dans la voie du dessin



vue de l'exposition de"Anatomie, les peaux du dessin

www.frac-picardie.org