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jeudi 18 février 2010

Collage

Un peu d'histoire...


Raoul Hausmann

Le collage artistique est un art plastique dont on retrouve des traces à différentes époques de l'histoire des arts. Les premières traces de l'Art du collage datent du XIIe siècle lors de l'utilisation de collages au sein de la calligraphie japonaise. En Europe, le collage s'intègre peu à peu dès Le Moyen Age puis à La Renaissance où les artistes, les moines recourent à cette technique pour leurs enluminures, leurs tableaux...

Mais l'explosion créative du collage contemporain ne commence qu'en 1912 avec l'expérience cubiste de la technique du "papier collé". De nombreux artistes cubistes (Pablo Picasso, Georges Braque, Juan Gris) utilisent alors l'art du collage.

Le mouvement dadaiste (Marcel Duchamp, Francis Picabia, Tristan Tzara, Hans Arp) s'approprie également le collage.

Puis en 1923, l'avènement du surréalisme né sous l'influence des découvertes de l'inconscient de Freud amène des artistes (Max Ernst, Miro, Breton, Dali, Magritte) à exprimer au travers de leurs oeuvres, le rêve, l'instinct, l'imaginaire...

"Le collage devient ici un procédé poétique, parfaitement opposable dans ses fins au collage cubiste dont l'intention est purement réaliste." Louis Aragon.

L’art du collage

Richard Hamilton

L'art du collage est une technique de création artistique qui consiste à organiser une création plastique (fresque par exemple) non en fonction des lois de la représentation (usuelle) mais par la combinaison d'éléments séparés de toute nature et de toute logique (extraits de journaux, papier peint, documents quelconques, objets divers) dont l'unité se fait par juxtaposition progressive.

Le collage consiste à puiser, au hasard des émotions, dans la réalité du quotidien, les images qui nous entourent, des éléments dissemblables, hétérogènes, afin de composer, de recomposer la trame de la réalité en la transformant et la sublimant.

Révolution esthétique


Thomas Hirschhorn

Le collage a renouvelé la pratique de l'art, en remettant en cause la représentation classique de la réalité, la fabrication de l'image, pour rapprocher l'art et la vie, la réalité faisant désormais partie intégrante de l'oeuvre, à travers les matériaux utilisés, « tout le bric-à-brac qui traîne dans les cabinets de débarras ou sur les tas d'ordures » selon Kurt Schwitters qui privilégie les objets usagés, abimés, « parce qu'il n'y a rien de parfaitement propre dans la vie, ni les hommes, ni les meubles, ni les sentiments.»


un extrait du texte deJean-Marc Lachaud, « De l’usage du collage en art au XXe siècle », Socio-anthropologie


Comme le souhaitait Charles Baudelaire, artistes et écrivains « plongent » au cœur du « magasin d’images et de signes » offert par le réel, que leur imagination doit transfigurer. Désacralisé, non auratique, irrévérencieux, hasardeux, l’art collagiste s’inscrit dans un mouvement dynamique qui impose sans cesse glissements et déplacements du côté du transitoire, de l’aléatoire, de l’inopiné, du disparate, de l’inachevé. Les œuvres de collage et de montage mêlent la réalité concrète et le merveilleux, l’ici et l’ailleurs, le non-contemporain et l’actuel, l’identifiable et le bizarre. Elles tracent et détracent les contours de territoires inédits à fouiller. Elles bâtissent des passages éphémères au sein desquels des figures de l’inconnu restent à décrypter. Elles dépaysent, perturbent, déstabilisent et provoquent.


Kurt Schwitters, Max Ernst, John Heartfield, Man Ray, Vsévolod Meyerhold, Erwin Piscator, Serguei Eisenstein, Luis Bunuel, James Joyce, John Dos Passos et, plus tard dans le siècle, Robert Rauschenberg, Jiri Kolar, Edward Kienholz, Jean Tinguely, Roman Cieslewicz, Peter Weiss, Jean-Luc Godard, John Cage, Pina Bausch, pour ne citer que quelques noms, construisent les bases de cette esthétique de la non-cohérence. Les colleurs et les monteurs refusent l’idée d’une œuvre soumise aux exigences d’une cohérence totalitaire ou aux facilités d’une incohérence insensée. Ils travaillent inlassablement au surgissement de kaléïdoscopes étranges, animés par une logique floue. Ils proposent aux spectateurs (non contemplateurs mais acteurs-complices) de se confronter à de nouvelles configurations visuelles et mentales. Les dérives équivoques qui rythment leurs productions (toujours en attente d’interprétations provisoires) suscitent un trouble libérateur. Les failles béantes et les espaces vacants qui articulent leurs compositions ambivalentes invitent à la découverte de l’indéterminé, du différend, du non-encore là. En ce sens, Ernst Bloch, le philosophe de l’utopie concrète, peut écrire avec pertinence que désormais « l’art est un laboratoire mais aussi une fête de possibilités exécutées ainsi que des alternatives expérimentées en elles, où l’exécution tout comme le résultat se présentent comme illusion fondée, c’est-à-dire comme pré-apparaître d’un monde accompli1 ».


Deux étapes caractérisent le processus de fabrication de l’œuvre collagiste : celle de la déconstruction et celle de la reconstruction. Dans un premier temps, l’artiste puise et sélectionne au cœur de la réalité un ensemble de morceaux hétéroclites. Pour ce, il pratique une intervention de type chirurgical : il prélève, découpe, ampute. Parfois, le hasard de la trouvaille ou l’accidentel accompagnent sa récolte. Dans un second temps, il assemble (sans être préoccupé par un ordonnancement pré-établi) et met en rapport (de manière conflictuelle) les pièces de ce puzzle. Il les juxtapose, les superpose, les mixe. Ces brisures du réel, arrachées à leur univers habituel, sont insérées, sans toutefois perdre leurs propriétés originelles et leur mémoire, au sein d’une structure mouvante. Tout en résistant aux manipulations de l’artiste et en conservant une relative autonomie, elles sont néanmoins décontextualisées. Elles perdent leur identité évidente et manifeste, dans le croisement interactif avec les diverses entités constitutives de l’œuvre, une autre présence.


MadeIn
Erro




mardi 6 octobre 2009

Le sumi-e ou la voie de l'encre

« La peinture exprime la grande règle des métamorphoses du monde, la beauté essentielle des monts et des fleuves leur forme et leur élan, l'activité perpétuelle du Créateur, l'influx du souffle yin et yang ; par le truchement du pinceau et de l'encre, elle saisit toutes les créatures de l'Univers et chante en moi son allégresse »

Shitao



Le Sumi-e 墨絵, (sumi = baton d'encre noire et E = dessin) est aussi appelé plus populairement le "Suiboku-ga" 水墨画. C'est un dessin monochrome japonais à l'encre noire et à l'eau assimilé a la calligraphie.Le Sumi-e est née en Chine il y a environ 1300 ans et a été repris par les artistes japonais au 14e siècle grâce aux moines boudhiste Zen.


Uniquement constitué d'encre noire plus ou moins diluée, le Sumi-e est la simplification la plus élevée de la couleur en comparaison avec la peinture occidentale qui utilise toute la palette de couleur pour former lumières et ombres. Le fond blanc de la page fait corps avec le dessin et en fait partie intégrante, il y a contraste et harmonie entre les vides du blanc et les marques nerveuses et vivantes de l'encre. Le blanc est un espace de liberté, un silence à préserver, une ouverture sur l'infini.




Le Sumi-e représente une forme d'art à part entière, mais c'est aussi une philosophie. C' est l'expression de la perception de l'artiste et il transmet l'essence de ce qu'il représente, plante, animal, etc. C'est la suggestion qui supplante le réalisme. Les sujets ne sont jamais peints dans l'intérêt de l'art, ils sont des expressions vivantes des forces invisibles au travail dans l'univers. Le Sumi-e est une symbolique et tente de restituer "l'esprit" des choses et on devine la profonde capacité d'observation, puis d'abstraction qui sont nécessaires au peintre-calligraphe qui a décidé de franchir le fossé entre une réalité concrète et sa propre vision, essentiellement spirituelle, elle-même reflet de son être intérieur..


La pratique du Sumi-e passe aussi par la méditation et la maîtrise des émotions pour atteindre un état de concentration où seul le trait existe.

Dans cet art où "l'esprit précède le pinceau", le peintre doit être totalement présent à son travail de sorte que sa main ne soit plus que le prolongement de sa pensée.

C' est un exercice spirituel lié à la contemplation, une méditation et une réflexion avant le dessin:


Dans la préparation des matériaux:

- Le râpage du pain d'encre (sumi) sur la pierre à encre (suzuri) dure un certain temps, et ce temps est consacré à la méditation. Il est construit sur le signe "huit" allant dans les deux sens du réservoir de l'encre (océan) à la surface de meulage (terre).dans l'acte de peindre,la dualité du yin-yang est très présente.

- Le choix des pinceaux (fude) en poils de chèvre, de loup, et de poils de cerfs etc...déterminera les lignes et les nuances selon la capacité d'absorption et la flexibilité du pinceau. La tête de la brosse doit tenir compte des courses appuyées et légères et aussi bien de la tonalité. Un bon pinceau de Sumi-e doit permettre de créer différentes valeurs de tons et dégradés, et il doit changer la forme de la ligne en même temps.

- Le choix du papier par sa finesse de grain, sa capacité d'absorption.Il y a plusieurs choix mais les meilleurs papiers sont faits à partir des fibres de gampi ou de kozo (fibres de mûriers).


Dans l'exécution technique:

La technique fondamentale du Sumi-e s'apprend en pratiquant la calligraphie. Cette technique exige un mélange de contrôle de soi et de spontaneïté. C'est l'harmonie intérieure qui guide la main et mène le pinceau selon l' expression des sentiments intérieurs de l'artiste. Ceci permet à l'artiste de se concentrer sur le cheminement du pinceau sans devoir s'inquiéter des couleurs et de la composition. On parle de "souffle de vie dans ce jeté de trait et il est impossible de revenir en arrière et de corriger le trait une fois sur le papier, l'artiste doit avoir un shéma complet dans sa conscience avant de commencer. Tout comme dans la calligraphie la rapidité et la précision sont de rigueur.


L'attitude corporelle est la même qu'en calligraphie, le pinceau est vertical et perpendiculaire au papier. il doit être tenu légèrement entre deux ou trois doigts et le pouce. Le pinceau doit-être tenu au milieu du manche, loin de la tête, de sorte que le bras soit presque parallèle à la surface de travail. La main et le poignet se déplacent jamais ou à peine c'est le bras qui doit effectuer la plus grande partie du travail.


Je vous laisse aussi un lien sur le très beau site de Kazu Shimura qui est un maitre en ce domaine. Sur son site il y a tout sur le sumi-e et vous pourrez trouver des videos qui apprennent comment pratiquer le Sumi-e.







samedi 5 septembre 2009

Le retour du pochoir comme pratique de dessin

Le pochoir, « feuille de carton ou de métal découpée, pour colorier avec une brosse, le dessin ayant le contour de la découpure », apparaît dans le Larousse en 1874. Cette technique d'impression permet de reproduire des caractères ou des motifs sur divers supports, plusieurs fois et de façon d'autant plus précise que la découpe des parties ajourées est faite proprement.
L'artiste Ghislain Garlin nous explique
Le pochoir par Ghislain Garlin
par pointgmagazine