lundi 17 août 2015

Jury Juin 2015 : Deuxième Bachelor

 Ayoub Oulbarj
  Ayoub Oulbarj
  Ayoub Oulbarj
  Ayoub Oulbarj
 Anne-Sophie Maheu
  Anne-Sophie Maheu
  Anne-Sophie Maheu
  Anne-Sophie Maheu
Isabelle Vermeulen
Isabelle Vermeulen  
 Isabelle Vermeulen
 Isabelle Vermeulen
 Kévin Ackx
  Kévin Ackx
  Kévin Ackx
 Kévin Ackx

 Anissa Lalmi
 Anissa Lalmi
 Anissa Lalmi
Anissa Lalmi

Jury juin 2015 : Premier Bachelor



 Marie Haouchine

Marie Haouchine
Marie Haouchine
Elena Jenart
Elena Jenart
Elena Jenart
Emma Beal
 Emma Beal


Emma Beal
 Leo Devaddere
 Leo Devaddere
Leo Devaddere 
Leo Devaddere
 Eloïse David
 Eloïse David
Eloïse David

mercredi 6 mai 2015

Le nouveau texte de l'atelier de dessin

"L'imagination est surtout la faculté de nous libérer des images premières, de changer les images fournies par la perception.
S'il n'y a pas de changement d'images, union inattendue des images, il n'y a pas d'imagination, il n'y a pas d'action imaginante »

                                                                             Gaston Bachelard, L'air et les songes, éditions José Corti


Qu’est-ce que le dessin ?

Le dessin est un mode d’expression à part entière, ayant sa pleine autonomie, un art de la synthèse qui se suffit à lui-même.  Immédiat, spontané, léger, mobile … en raison de la simplicité des moyens qu’il met en œuvre, le dessin nous invite à ne retenir que l’essentiel.
Mais le dessin c’est d’abord une attitude.  Il appelle une forme particulière d’attention, un regard soutenu sur soi et sur les choses, tout autant qu’une exigence du geste.

Le dessin est acte

L’acte de dessiner nous permet de retrouver quelque chose d’un geste originel.  Il nous permet de renouer avec l’intensité d’une expérience toute singulière : celle du plaisir du geste pour lui-même.  Une jubilation, liée au simple fait de tracer. 
Il y a aussi un rapport d’immédiateté dans le geste de dessiner : au flux de la pensée, de l’imaginaire, correspond celui du dessin en train de se faire. C’est un acte toujours en devenir.
Néanmoins, le dessin porte une intention : il est projet, dessein, visée... ouverture.  L’essentiel est donc de l’ordre du questionnement : quel geste, quel acte de dessiner peut le mieux fonder ou accompagner une pensée et un projet ?

Le dessin est matière

Par le biais de ses outils et du support matériel sur lequel il s’inscrit, le dessin nous place d’emblée dans un rapport physique, corporel au monde qui nous entoure.  En intégrant la question du corps comme lieu de perception sensible, le dessin s’enracine dans l’expérience vivante que tout un chacun est en mesure de porter. En ce sens, il est une réaffirmation constante du sensible en soi et du rapport que chacun entretient avec la matérialité profonde des choses et des êtres.
Le dessin demande donc de nous questionner, de réévaluer sans cesse notre rapport au monde, à soi, aux autres… Dès que le dessin commence, une rencontre s’opère, un dialogue s’engage.

Le dessin est expérimentation

C’est l’expression d’un désir qui est à l’origine du dessin, le savoir-faire n’arrive qu’au second plan. Pour savoir dessiner il est davantage nécessaire d’être porté par une intuition, une envie, voire un manque, que par une technique quelconque.
A vrai dire, la technique n’est que le résultat du travail de dessiner.  Elle est le fruit d’une découverte par l’expérimentation où chacun est amené à inventer et à s’approprier les outils et les méthodes qui le ramènent au plus près de ses intuitions, de son désir.  Dessiner c’est donc essayer, tâtonner, jouer ; c’est explorer et se laisser conduire là où le désir-dessin nous mène. 
Dès lors, avec une simple feuille de papier il peut être question d’aventure, d’expérience de vie, dans laquelle le dessinateur s’intime l’ordre de se lancer…

Le dessin est trace

A partir du moment où l’on commence à tracer le moindre trait, celui-ci nous interroge.  En un sens, c’est le tracé même qui nous dirige, qui exige sans cesse de nous une nouvelle décision.  Dessiner c’est donc prendre position ; c’est donner au tracé toutes les qualités et toutes les dimensions qu’il appelle par sa seule présence.  C’est se placer dans l’espace du dessin et le traverser.
Tout dessin est un signe, la marque d’un passage fugitif.  Quelque chose d’un geste, d’un acte qui a eu lieu et qui n’est plus et dont le dessin seul constitue la trace, la mémoire vivante. 
La trace c’est tout à la fois la marque de l’énergie que l’on développe, que l’on transmet et que l’on reçoit d’un dessin.  
C’est l’énergie même du dessin qui nous porte, toujours plus loin.



Pédagogie
L’atelier est un lieu de pratique, de création et d’expérimentations artistiques, c’est aussi un espace de débats, d’échanges et de critiques.
La pédagogie au sein de l’atelier a pour ambition de favoriser l’engagement artistique de chaque étudiant en l’aidant à construire progressivement son langage artistique personnel.  Elle ouvre des voies pour apprendre à regarder, à voir, à toucher, à découvrir, à inventer, à créer à se créer.
Les trois premières années de bachelor visent la formation et l’approfondissement du langage plastique.  Pendant ces trois années les professeurs proposent différents thèmes et exercices qui les confrontent à une panoplie de techniques de dessin.
En master I, l’étudiant propose son sujet de travail et gagne en autonomie, il affine sa propre écriture.
En master II, l’étudiant est amené à approfondir sa réflexion sur sa propre pratique au travers notamment de la rédaction d’un mémoire.
L’accent est mis sur l’accomplissement personnel artistique des étudiants qui est le ferment de leur créativité.  Les professeurs sont là pour accompagner, guider chacun dans son propre cheminement.


Le futur

A côté d'une carrière artistique indépendante s'ouvre aussi la possibilité de devenir professeur (si vous opter pour le master2 didactique) ou encore, d'exercer au sein de toutes les fonctions où la créativité joue un grand rôle.

Dans certains cas il y a des étudiants qui en utilisant leur expérience en dessin, se sont spécialisés en animation, en restauration de meubles voire, en taille de pierres par exemple,… la formation en dessin est un véritable atout pour suivre une formation complémentaire.
Mais surtout, il y a toujours de la place et du travail pour ceux qui sont véritablement motivés et qui veulent se dépasser comme créatif. 






lundi 30 mars 2015

Workshop au Portugal


« Des traces, des signes laissés à la surface du sensible
du bout des doigts, du bout des bras »

Nathalie Poisson-Cogez

« La dimension tactile, le moment où le contact a lieu, cet instant qui trace et mémorise la rencontre du papier, du mur et de la main, du corps tout entier; la dimension éphémère de la performance où l’artiste opère sur le monde avec les outils ou les gestes du dessin et pose la question
d’un échange entre corps, mouvement, support et résultat »

                                                                                        Roven

Le dessin, entre puissance et limites
En quoi le dessin permet-il à l'artiste qui parcourt une surface de papier de se confronter aux limites de son propre corps ?
Comment le dessin permet-il une appréhension singulière du support matériel sur lequel il s’inscrit et par delà, de l'espace dans lequel l’acte de dessiner se déploie ?

Ce stage se propose d’explorer la place du corps et son rapport au support papier dans l’acte de dessiner au travers de la question de la limite.  
La limite comme contour, comme délimitation d’un espace, de l’espace du corps, de l’espace entre les corps.  La limite comme extrémité d’un geste (le point le plus éloigné possible) mais aussi, la limite comme point d’épuisement d’un matériau (support papier) ou d’une force, d’une énergie (celle du corps en mouvement)… Ce qui nous permettra dès lors d’explorer la question de la puissance dans l’acte de tracer, dessiner.

Le stage se présente comme un laboratoire d’expériences qui, au fil des exercices proposés, permet de prendre conscience des multiples capacités physiques du corps (proprioception, tonicité, force, explosivité, amplitude, répétition, résistance…) à produire une action de tracer.  Il permet également d’appréhender l’étendue des propriétés physiques du support papier (texture, ductilité, résistance, résilience du matériau…) et de voir comment l’acte même de tracer peut interroger les propriétés de ce support en mobilisant ses forces corporelles (traction, friction, torsion, compression, transpercement…).
Les tracés réalisés sont dès lors le reflet non seulement du caractère très singulier du corps de chaque individu mais aussi de la façon dont chacun explore ses propres limites corporelles et celles du support dessiné.

En remettant le corps tout entier au centre de l’expérience du dessin, ce stage interroge donc particulièrement la dimension performative de l’acte de dessiner et permet de se demander comment action, dessin et résultat fonctionnent ensemble.
Il vise à faire prendre conscience aux participants que là où se produit véritablement le dessin, c’est dans cet espace qui se déploie entre le corps sensible en action et le support papier qui, tout autant que le corps, peut être considéré comme surface sensible.

Saskia WEYTS
Réjean DORVAL