dimanche 7 avril 2019

L'atelier de dessin expose à ATH au Centre Culturel,Le Palace




Projet d’exposition des étudiants de l’option dessin ESA - Académie des Beaux-Arts de Tournai 

la rencontre avec Eddy Devolder autour de Beuys    



                 « (...) l’artiste n’a pas la fonction politique au sens matériel ou pratique de changer le monde, 

                                          mais doit agir en posant son art comme modèle [pour changer le monde]» 
                                                                                                                                                                    Joseph Beuys 
                                                                                                                                                       cité dans Art et Théorie, 1900-1990,                                                                                                                                                         
                                                                                     une anthologie ; par Charles Harrison et Paul Wood, Hazan, 1997, p. 968 


Joseph Beuys
Démocratie et citoyenneté : Hommage à Joseph Beuys 
Joseph Beuys a toujours envisagé la pratique artistique comme une forme d’engagement intégrant très étroitement les dimensions sociales et politiques de la vie en société. L’engagement artistique étant même conçu à ses yeux comme un modèle de l’engagement citoyen et démocratique. Les principes d’autodétermination, de liberté d’expression et d’éducation sont ainsi au cœur de sa démarche. De même, le rapport à la nature est une dimension centrale de son travail, en ce qu’il considère la nature comme la référence ultime de la liberté. 
Tout au long de sa vie, son idéalisme social l’a guidé dans la réalisation de nombreuses actions artistiques - publiques, sociales et politiques - visant un changement profond de la société, toujours dans le sens d’un renouveau de la démocratie (actions collectives, démocratie participative), d’un respect plus profond de la nature (écologie) et d’une refondation de nos modèles d’éducation (en vue de développer les capacités créatives de chacun). 
Le projet d’exposition se décline autour de 3 volets : Voir, partager et transmettre 
VOIR - Dessins 
La nature 
Les figures humaines nues

Joseph Beuys

  Les animaux (insectes, mammifères) 
Les figures féminines, maternelles 
Joseph Beuys


 Les arbres 
PARTAGER - Action de semis
Opération de semis et de diffusion des plants (lors du vernissage).
Accompagner le développement d’un plant, prendre soin, tenir une forme de journal dessiné de sa croissance, diffuser son expérience... 

TRANSMETTRE - Médiation 
Mise en place d’un dispositif soutenant l’action de médiation du centre culturel relative à cette exposition.

Joseph Beuys



Au sujet de Joseph Beuys,


Dessins : un état originel

Joseph Beuys a envisagé son art comme la recherche d’un état originel, seul état où l’homme, les animaux et la nature se savent unis de manière organique.
Il a voulu nous détacher de la notion artistique traditionnelle, pour qu’il puisse pénétrer tous les domaines de la vie.Il considère que la politique, l’art, la science, la religion, la philosophie constituent une civilisation complète et indissoluble où l’art et la création sont les média centraux.

L’étude approfondie des dessins de J.Beuys révèle de façon générale une solidarité profonde avec l’essence du langage actuel de la ligne, avec ses énergies, tensions et forces d’expression.
Ses dessins sont autonomes et constituent une production graphique tellement immédiate, tout épris d’une existence de surface.On suit à la trace l’excitation interne du trait, l’indicible harmonie des nuances dans les improvisations plastiques.Les éléments que Beuys emploie sont simples, par un souci d’économie de moyens.
De son imagination et de ses souvenirs naissent des associations.Sa main improvise, rajuste, assemble, supplée.
Il n’aspire ni à l’équilibre ni à la perfection et encore moins à l’utilisation harmonieuse de la surface.La plupart du temps, c’est la feuille, avec son contour d’origine ou né du geste spontané, qui fournit le cadre, et le dessin s’y inscrit parfois en une tension discordante.
Depuis le début, le dessin représente pour Beuys une description de sa ligne de vie, une concentration d’énergie évacuée.Une description intérieure, littéralement véhiculée par le sang et les nerfs de ce qui est représenté.
Le trait vibre; pendant qu’il prend naissances, la page et le crayon le subissent et sont solidaires de celui à qui il doit de naître.
La sensibilité couvre tous les registres; elle n’est jamais plus légère qu’elle est lourde, jamais plus agréable qu’elle n’est dure.

L’homme peut exister avec ses besoins vitaux originels de lumière, nourriture, chaleur.., les grandes relations et émotions entre les hommes et les animaux et les uns avec les autres.C’est le soleil qui nourrit et qui fait se développer tout ce qui vit et ce sont les énergies de la terre qui activent le processus

Les dessins de femmes, étant donné leur potentiel cosmique.
L’agencement plastic-spatial dans la croissance et décroissance des volumes de la tête, du tronc et des membres.
Leurs attitudes, leurs poses et leurs geste ne s’inspirent pas de l’observation de la réalité.Elle donne l’impression qu’au processus de méditation d’une observation filtrée et répétée qui confère aux dessins cet éclat de vie, viennent se greffer des suppléments fantasmatiques issus de l’esprit.

Ce sont des animaux différents qui touchent Beuys : le cerf, le renne, la chèvre, le mouton, les animaux domestiques, en opposition aux animaux en liberté : l’ours, le loup, le lièvre, le cygne, l’abeille, le poisson; mais ce qui l’intéresse avant tout, c’est ce qu’il appelle l’intelligence des animaux ainsi que leur dimension mythique ou totémique.

Le matériau lui-même qui, par la capacité d’association de sa structure et de sa forme, est à l’origine de l’impulsion créatrice.Il cherche  plutôt à rendre sensibles certains états d’une matière.


Si dans les dessins figuratifs, c’est le thème qui est le support de la symbolique, dans les oeuvres plus abstraites c’est plutôt le matériau qui est porteur du symbole.
Le rouge Sienne est pour Beuys la couleur originelle, qui renvoie à la terre, au sang coagulé

Beuys ne prends jamais une position définitive dans ses dessins : sans but bien déterminé, sans idée préconçue, ni schéma définitif.
Des principes de style fixes s’effacent devant des processus existentiels.
Ses dessins sont comme un équivalent plastique de toute forme de vie biologique.


Les dessins sont comme les traces évidentes et naturelles de son attitude mentale

L’approche de sa vision peut se faire à partir de deux pôles d’engagement personnel, présents simultanément, notamment « souffrir » et « ca»
Même le support n’est jamais une abstraction industrielle.Il demeure un phénomène momentané qui se montre dans son état de corrosion.
Au travers de cette dimension éphémère s’exprime toujours une créativité tournée vers la vie, par une accentuation de ce qui est organique dans la représentation.

En liant l’observation et la symbolique humaine, pénétrante à la sensibilité plastique, tant dans les lignes que dans l’usage du matériau, il parvient à nous toucher à chaque fois.


Un premier aperçu de l'exposition 

 Manon Paquet
 Marine Cuvelier
 Julie Stome
 Julie Stome
 Julie Stome
 Flore Dumortier
 Alicia Leterme
 Alicia Leterme
 Eva Elsoght
 Sacha Picavet
 ensemble de dessins

Laureline Pescheux et Julie Ambrazé


ensemble  de dessins
 ensemble de dessins
 Chloe van Dongen
 
Jérôme Ugille
Jérôme Ugille

 Alessandra Valentini
 Julie Vercoutere
 Julie Vercoutere

samedi 6 avril 2019

Jury Janvier : Premier Master

 Eva Elsoght
 Alessandra Valentini
 Alessandra Valentini
 Maria Cartwright
Maria Cartwright

Jury Janvier : Troisième Bachelor

 Robin Menardais
 Robin Menardais
Drena Podrimçaku
 Sylvain Delbecque
Sylvain Delbecque
 Laureline Pescheux et Julie Ambrazé
 Laureline Pescheux et Julie Ambrazé

Laureline Pescheux et Julie Ambrazé
 Lola Hueso Camara
Lola Hueso Camara
Aurelien Delachapelle














jury Janvier : Deuxième Bachelor

 Julie Vercautere
 Gautier Lejonc
Chloe Van Dongen

Jury janvier : Premier Bachelor

 Aurelien Van Nieuwenhove
 Emilie Masson
 Zachary Pilot
 Amelie Hiblot
 Claire Lecat
Claire Lecat
Jody Versaille

vendredi 24 août 2018

Rentrer dans un atelier de dessin : ?



DES ÉTUDES SUPÉRIEURES DE DESSIN AUX BEAUX-ARTS.

POUR QUOI FAIRE ?


Une question m’est souvent posée par les jeunes et par leurs parents lors des portes ouvertes : à quoi servent les études supérieures de dessin aux Beaux-Arts ?

Par ailleurs, je suis régulièrement confrontée à des professionnels de la création qui me disent : « nous cherchons des créateurs, des dessinateurs capables de mettre en oeuvre un projet singulier ; nous avons besoin de créateurs qui savent transcrire des messages, des émotions, des idées de manière originale et personnelle. dans leurs créations. Mais comment ce fait-il que nous n’en trouvions pas ? »

Comment coordonner ou accorder au plus juste ces demandes  ?

Commençons par rappeler que pour nous toute création digne de ce nom vient de la vie. C’est-à-dire des impulsions, des sensations, des émotions et des nécessités intérieures, comme disait Kandinsky que tous nous éprouvons mais que certaines personnes, que l’on appelle des créateurs ou des artistes, éprouvent plus intensément que les autres et cherchent alors à exprimer par le moyen d’un art, par celui d’une création personnelle, par des oeuvres originales et singulières qui s’avèrent capables de toucher les autres et de leur transmettre ces sensations, ces émotions, ces impulsions créatrices, en un mot cette nourriture esthétique vivante dont la vie a impérativement besoin  faute de se désespérer et de dépérir.  

La vocation de notre Atelier de dessin est de mettre tout en oeuvre pour que chaque étudiant devienne le créateur singulier, original et unique qu’il est potentiellement.

Si la création artistique vient de la vie et va à la vie, comme le disait Beethoven de la musique, elle ne peut à aucun moment être figée, automatisée, formatée, contrainte, immobilisée et moins encore, comme on le voit de nos jours, abandonnée à une technologie numérique sous peine d’être déshumanisée.
Il est donc indispensable selon nous, dans ce monde du tout et du tous technologiques, de revenir à des moyens d’expressions simples, sensibles, immédiats, vivants. 

Si le regard et l’esprit sont au départ de la captation du monde sensible et de ses formes inépuisables, le dessin exprime spontanément nos rapports au monde, nos émotions notre imagination et notre pensée créatrices. 
Le dessin est d’ailleurs aussi ancien que l'humanité et il a contribué à toutes les oeuvres civilisatrices. 

Le dessin est une forme première et majeure d’expression et de communication entre les humains, car avant d’exprimer nos émotions par la parole ou l’écriture, nous les traçons par le geste et nous les dessinons. 

Il s’agit ainsi et d’abord dans le monde actuel pour chaque étudiant de retrouver l'accès à cette pratique humaine universelle, immémoriale, spontanée, sensible, expressive et créative, qu’est le dessin.

Il s’agit encore et en même temps d’apprendre à voir, à regarder, à observer, à expérimenter,  à comprendre, à filtrer, à analyser, à synthétiser, à distinguer un point de vue d’un autre, à cultiver une vision, afin de construire en pleine conscience un langage plastique personnel.

Nous avons à coeur à l’Atelier de dessin d'explorer et d'analyser toutes les techniques de travail pour comprendre en quoi elles élargissent et fortifient la création par d'autres manières que de tracer des formes et des lignes sur du papier.

Par ce langage unique qu’est le dessin sous toutes ses formes, nous cherchons à faire acquérir par chacun les moyens de traduire à la fois le visible dans toute sa complexité et le vaste domaine invisible des émotions.

Chacun cherche à mener son dessin en accord avec ce que son regard fait quand on le laisse faire et chacun devient attentif et fait confiance à ce que ses yeux perçoivent mais aussi à ce que son esprit pense et ressent.

De plus, contrairement à une certaine volonté de faire table rase du passé en art, nous sommes convaincus pour notre part qu’une vaste culture visuelle est indispensable pour élever le niveau et la pratique artistique.

Aujourd’hui, le dessin peut prendre de multiples formes : dessin de représentation, dessin de fiction, dessin à la main, dessin numérique, dessin d’animation, dessin performatif etc. 

Nous réfléchissons aux modes les plus propices à la personnalité créatrice de chacun. 

Si l’esprit du dessin est intemporel, l’espace du dessin dans l’art contemporain est à inventer continuellement. 

Dessiner aujourd'hui, c'est nécessairement mettre en question un rapport au monde, aux autres et à Soi-même.


L’ATELIER DE DESSIN

L’enseignement s’effectue en atelier. 

L’Atelier est en effet par excellence un lieu d’échanges où travaillent ensemble les étudiants de tous les niveaux.

Le cours est individualisé mais chaque étudiant considère l’Atelier comme un laboratoire et un lieu d’échanges collectifs.

Il s’agit de retrouver en soi comment aller trop loin : ne jamais s’empêcher d’explorer car ce serait se priver du pouvoir créateur de la vie même.  Nous vivons au-delà de ce que nous croyons mais nous l’occultons de toutes nos forces.

« La philosophie, les sciences, les arts sont trois moyens d’avancer dans la connaissance de nous-mêmes. Ces moyens ont des voies apparemment différentes mais tous doivent se confronter au doute. La pensée n’avance pas autrement que par des avancées qui sont détruites et remplacées par d’autres avancées. C’est le mouvement de la pensée. »  écrit Claude Régy.

En bachelors nous proposons différents cours complémentaires comme la photographie, la gravure, le volume, la couleur, qui tous sensibilisent les étudiants et les mènent à élargir leur champ de travail par la pratique de multiples expériences.

En master nous soutenons les étudiants dans une recherche qui engage le dessin dans un champ élargi. 

Le dessin peut en effet y être développé comme pratique en soi mais aussi questionné à travers d’autres pratiques comme la gravure, la photographie, le volume, la couleur, l’installation, les arts du mouvement etc,

L’interdisciplinarité est encouragée car la pratique de dessin connaît de nombreux prolongements au sein de toutes les autres disciplines artistiques et graphiques.

L’étudiant développe sa démarche personnelle et argumente ses projets en se nourrissant de sources du monde de l’art et d’autres références liées aux préoccupations historiques, sociales, politiques et culturelles.

Selon le sens et la nature de la recherche, on interrogera à ce stade tous les médiums susceptibles d’enrichir le propos. On considérera l’espace (réel ou inventé), l’échelle (monumentale ou pas) ainsi que les moyens mis en oeuvre pour transmettre la pensée et l’intention créatrice.


APRES LES ETUDES

A la question initiale : à quoi servent les études de dessin aux Beaux-Arts ? posée avec les candidats étudiants et leurs parents au début de ce texte de rentrée académique 2018-2019, nous avons répondu que les cinq années, d’études à l’Atelier de dessin visent à ce que chaque étudiant acquière les moyens de devenir le créateur singulier, original et unique qu’il est potentiellement. 

Nous avons fait comprendre que cette pratique et cette formation constituent le Fonds indispensable pour quiconque désire s’engager sur le chemin de la création, un chemin qui se poursuit et s'approfondit toute la vie lorsque que l’on est un créateur, et, en vérité, un être humain. 

Outre le métier d’artiste, cette formation fondamentale ouvre selon nous à tous les métiers de la création visuelle, ou faisant appel à elle. 
Le dessin étant, nous y avons insisté, un mode d’expression universel.

Ainsi par exemple, et de plus en plus, les musées et les centres culturelles font appel à nos étudiants-créateurs pour assurer leur service éducatif et culturel ; de même de plus en plus des centres hospitaliers désirent mettre en oeuvre des services de créations artistiques pour les patients.


Mais encore, aux professionnels de la communication et des métiers graphiques qui peinent à trouver de jeunes talents créateurs, nous dirons qu’il vaut mieux faire appel à des jeunes qui possèdent une connaissance visuelle et sensible, culturelle et conceptuelle, acquise au terme d’une pratique ouverte du langage plastique fondamental et commun à tous les arts qu’est le dessin. Ces jeunes créateurs au regard formé et à l’esprit cultivé acquerront en effet facilement la maîtrise des logiciels qu’ils mettront au service de leurs créativité, alors que les techniciens formés, sinon déformés, par ces mêmes logiciels acquerront difficilement le Fonds de connaissances artistiques indispensables aux métiers de la création visuelle.